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Des Centrafricains en règle débarqués à Roissy (Paris) à bord du Vol SD 120 d’Air Soudan sont jugés à Bobigny

Le 07 septembre 2010

La rétention des 18 passagers parmi lesquels des petits enfants et des bébés, à l'aéroport Charles de Gaulle, débutée le jeudi 10 août 2000, trouve un dénouement partiel au Tribunal de Grande Instance de Bobigny. Seize personnes ont été présentées; quatre restent maintenues en garde à vue pour complément d'information.

Reprenons le cours de l'histoire .Le jeudi 10 août 2000 à 5h30, le vol SD120 décolle de Bangui pour le Soudan. Il est 9h30, l'avion quitte Khartoum pour Paris et atterrit à 18h30. Les 50 passagers se soumettent aux formalités classiques de débarquement : vérification des passeports, de carnet de santé, de visa délivré par le consulat français à Bangui, signé et portant le sceau Shungen. Surprise, les 18 passagers centrafricains sont priés de demeurer dans la zone internationale pour vérification complète d'identité. La course contre la montre commence. Mais il faut saisir le procureur de la République. La garde à vue déclenchée à 21 h ne prendra effet qu'à partir de 23h. En attendant, tout le monde est fouillé minutieusement, mis à nu complètement y compris les femmes. Entrés légalement en France, plus personne ne comprend ce qui se déroule. La police de l'air et des frontières veut les refouler immédiatement au motif de "faux passeports", mais se heurte aux protestations de ces voyageurs devenus pour des sans nom ("M. X" ou "Mme X") et sans identité ("nationalité inconnue").

Ces passagers en règle pourtant, qui travaillent dans des secteurs publics ou privés chez eux, viennent passer quelques jours de vacances en France et on tente, explique l'un des voyageurs, de les faire passer pour des clandestins ou des "immigrés" arrivés à bord d'un charter.

Malgré l'intervention du Consulat français à Bangui et de l'Ambassade Centrafricaine à Paris qui attestent de l'authenticité des titres de voyage, les 18 centrafricains ont continué à endurer des propos et des situations vexatoires. Déférés à Bobigny, il fallait attendre le lundi 14 août 2000 de 14h à16h pour être présentés au juge Mme Plassat du Tribunal de Grande Instance. Pour la partie défense, les voyageurs du vol SD 120 de Air Soudan ont été soutenus par Maîtres Langa et Ngafaounain qui ont relevé particulièrement le vice de forme et l'erreur de procédure.

Les délibérés de Mme Plassat du 14 août 2000 qui tombaient au fur et à mesure donnent, sur les 16 dossiers présentés :

  • 12 personnes dont 3 enfants (mineurs) relâchées;
  • 4 personnes maintenues pour complément d'information.
  • Précisons que les 16 personnes sont privées de leur passeport.

NB : Au total, 14 personnes privées de leur passeport mais munies d'un sauf-conduit de 8 jours, et 4 maintenues en zone d'attente de Roissy.(- 2 des 14 personnes avaient quitté l'aéroport plus tôt, et de ce fait n'étaient pas appelées à la barre)

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